Aller au contenu
Sciences économiques et sociales · Terminale · Sources et Défis de la Croissance Économique · 1er Trimestre

Le rôle de l'État dans la croissance

Les élèves examinent les différentes interventions de l'État pour soutenir la croissance économique (infrastructures, éducation, recherche).

Programmes OfficielsMEN: Lycée - Science économiqueMEN: Lycée - Politiques publiques

À propos de ce thème

Ce chapitre du programme de Terminale SES examine les différentes formes d'intervention de l'État pour soutenir et orienter la croissance économique. L'investissement public dans les infrastructures (transports, numérique, énergie), l'éducation, la recherche fondamentale et la politique industrielle sont analysés comme des leviers de croissance qui complètent l'initiative privée.

Le cadre théorique mobilise les défaillances de marché (biens publics, externalités positives, rendements croissants) qui justifient l'intervention étatique. Les théories de la croissance endogène (Barro) montrent que les dépenses publiques en infrastructures et en éducation peuvent augmenter la productivité du secteur privé. Le programme invite aussi à évaluer les limites de l'intervention : effets d'éviction, dette publique, inefficacité bureaucratique, capture par des groupes d'intérêt.

Les approches actives sont particulièrement adaptées : les simulations de politique budgétaire, les débats sur les choix d'investissement public et l'analyse de données sur l'efficacité des dépenses publiques permettent aux élèves de saisir les arbitrages concrets auxquels font face les décideurs.

Questions clés

  1. Analyser comment l'investissement public dans les infrastructures peut stimuler la croissance.
  2. Expliquer le rôle de l'État dans le financement de la recherche fondamentale et appliquée.
  3. Évaluer les limites de l'intervention étatique et les risques d'inefficacité.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser l'impact de l'investissement public dans les infrastructures de transport sur la productivité des entreprises.
  • Expliquer comment le financement public de la recherche fondamentale contribue à l'innovation et à la croissance à long terme.
  • Évaluer les effets potentiels d'éviction de l'endettement public lié aux dépenses d'infrastructure.
  • Comparer l'efficacité de différentes politiques de soutien à la recherche et développement (R&D) menées par l'État.

Avant de commencer

Les défaillances de marché

Pourquoi : Comprendre les défaillances de marché est essentiel pour justifier l'intervention de l'État dans l'économie.

Les différents types de dépenses publiques

Pourquoi : Il est nécessaire de connaître les catégories de dépenses publiques pour analyser leur impact sur la croissance.

Vocabulaire clé

Externalités positivesBénéfices générés par une activité économique dont profitent des tiers sans qu'ils aient à payer. L'éducation et la recherche en sont des exemples typiques.
Biens publicsBiens non rivaux (la consommation par une personne n'empêche pas celle d'une autre) et non exclusifs (il est difficile d'empêcher quelqu'un de les consommer). Les infrastructures comme les routes en sont un exemple.
Croissance endogèneThéorie économique selon laquelle la croissance est principalement déterminée par des facteurs internes à l'économie, tels que l'investissement en capital humain et en technologie, souvent soutenus par l'État.
Effet d'évictionSituation où l'augmentation des dépenses publiques, financées par l'emprunt, entraîne une hausse des taux d'intérêt et une diminution de l'investissement privé.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteL'investissement public est toujours moins efficace que l'investissement privé.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Certains investissements (recherche fondamentale, infrastructures de réseau, éducation) ont des rendements sociaux élevés mais des rendements privés insuffisants pour attirer le secteur privé. L'étude de cas sur le TGV ou le CNRS aide les élèves à identifier les domaines où l'État a un avantage comparatif.

Idée reçue courantePlus l'État dépense, plus l'économie croît.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La relation entre dépense publique et croissance n'est pas linéaire. Au-delà d'un certain seuil, des rendements décroissants, l'effet d'éviction et l'inefficacité bureaucratique peuvent réduire l'impact positif. La simulation de budget oblige les élèves à hiérarchiser les dépenses plutôt qu'à les additionner.

Idée reçue couranteLa dette publique est toujours néfaste pour la croissance.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La dette qui finance des investissements productifs (infrastructures, éducation, recherche) peut augmenter le PIB futur et se rembourser via les recettes fiscales supplémentaires. La dette qui finance des dépenses courantes sans effet sur la productivité est plus problématique. L'analyse de données historiques aide à nuancer cette vision.

Idées d'apprentissage actif

Voir toutes les activités

Jeu de simulation: Ministre de l'Économie pour un jour

Chaque groupe reçoit un budget public fictif de 100 milliards d'euros et doit le répartir entre infrastructures, éducation, recherche, santé et défense. Ils présentent leur plan de croissance à la classe, qui évalue la cohérence et les effets attendus sur la croissance à court et long terme.

50 min·Petits groupes

Penser-Partager-Présenter: L'effet d'éviction existe-t-il vraiment ?

Chaque élève analyse un graphique montrant l'évolution de l'investissement public et privé en France sur 30 ans. Il identifie les périodes de complémentarité et de substitution. Échange en binôme, puis les élèves formulent les conditions dans lesquelles l'effet d'éviction se manifeste.

20 min·Binômes

Étude de cas: Le TGV, investissement public rentable ?

Les élèves analysent un dossier sur le réseau TGV : coût initial, fréquentation, effets sur l'aménagement du territoire, impact environnemental vs avion. Ils évaluent si cet investissement public a généré un rendement social supérieur à son coût et identifient les externalités positives.

40 min·Petits groupes

Débat structuré : L'État doit-il avoir une politique industrielle ?

Un camp défend la politique industrielle active (filières stratégiques, champions nationaux, plan France 2030), l'autre plaide pour le retrait de l'État (distorsions, lobbying, choix des « gagnants »). Chaque groupe s'appuie sur des exemples historiques (Concorde, Airbus, Minitel).

35 min·Classe entière

Liens avec le monde réel

  • La construction de la ligne à grande vitesse (LGV) Sud Europe Atlantique, un projet d'infrastructure majeur, vise à désenclaver des territoires et à stimuler l'activité économique régionale en facilitant les déplacements de personnes et de marchandises.
  • L'Agence Nationale de la Recherche (ANR) finance des projets de recherche collaborative entre universités et entreprises dans des domaines de pointe comme l'intelligence artificielle, dans le but de renforcer la compétitivité de l'industrie française.

Idées d'évaluation

Question de discussion

Posez aux élèves la question suivante : 'Si vous étiez ministre de l'Économie, quels types d'infrastructures prioriseriez-vous pour stimuler la croissance et pourquoi ?' Demandez-leur de justifier leurs choix en s'appuyant sur les concepts de biens publics et d'externalités positives.

Vérification rapide

Distribuez une courte étude de cas sur une politique publique (ex: subvention à la R&D pour les PME, investissement dans un réseau de fibre optique). Demandez aux élèves d'identifier le type d'intervention de l'État, le marché défaillant qu'elle vise à corriger, et un risque potentiel d'inefficacité.

Billet de sortie

Sur un post-it, demandez aux élèves de noter une différence clé entre le rôle de l'État dans le financement de la recherche fondamentale et celui dans le financement des infrastructures, en utilisant un terme du vocabulaire clé.

Questions fréquentes

Pourquoi l'État investit-il dans les infrastructures et l'éducation ?
Les infrastructures et l'éducation sont des biens semi-publics qui génèrent des externalités positives considérables. Le secteur privé sous-investit dans ces domaines car il ne peut pas capturer tous les bénéfices (spillovers de connaissance, effets de réseau). L'investissement public comble cette défaillance de marché et augmente la productivité de l'ensemble de l'économie.
Qu'est-ce que l'effet d'éviction en économie ?
L'effet d'éviction (crowding out) désigne le mécanisme par lequel l'emprunt public fait monter les taux d'intérêt, rendant le financement plus coûteux pour les entreprises privées et réduisant leur investissement. Son ampleur dépend de la conjoncture : il est faible quand les taux sont bas et l'épargne abondante, plus fort en situation de plein emploi.
Quelles sont les limites de l'intervention de l'État dans l'économie ?
Les principales limites sont : l'effet d'éviction (concurrence avec l'investissement privé), l'aléa moral (entreprises dépendantes des subventions), l'inefficacité bureaucratique (lourdeur administrative, délais), la capture par les lobbies (dépenses orientées par des intérêts particuliers) et le poids de la dette publique sur les générations futures.
Comment enseigner le rôle de l'État avec des méthodes actives ?
La simulation « Ministre pour un jour » confronte les élèves aux arbitrages budgétaires réels. L'étude de cas du TGV permet d'évaluer concrètement le rendement social d'un investissement public. Le débat sur la politique industrielle oblige à mobiliser des exemples historiques de réussites (Airbus) et d'échecs (Concorde) pour argumenter.