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Histoire-géographie · CM2 · De la République à l'Union européenne · 1er Trimestre

La place des femmes dans la République naissante

Les élèves explorent le rôle et les droits des femmes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Programmes OfficielsMEN: Cycle 3 - Le temps de la RépubliqueMEN: Cycle 3 - Comprendre un document

À propos de ce thème

La IIIe République proclame les idéaux d'égalité et de liberté, mais elle les réserve aux hommes. Les femmes françaises ne peuvent pas voter (ce droit ne leur sera accordé qu'en 1944), ne peuvent pas exercer la plupart des professions juridiques, et leur vie civile est largement encadrée par le Code civil napoléonien qui subordonne la femme mariée à son mari. Pourtant, les femmes sont présentes dans la société de la fin du XIXe siècle : comme ouvrières dans les usines, institutrices grâce aux lois Ferry, journalistes militantes ou suffragettes.

Pour les élèves de CM2, ce sujet permet d'aborder une contradiction fondamentale de la République : comment un régime fondé sur l'égalité peut-il exclure la moitié de la population ? L'étude des premières féministes françaises (Hubertine Auclert, Maria Vérone) montre que des femmes ont lutté pour faire valoir leurs droits, souvent au prix d'un combat long et difficile sans résultat immédiat.

L'apprentissage actif, par l'étude de pétitions, de portraits de femmes pionnières ou de caricatures d'époque, permet aux élèves de comprendre que les droits civiques ne s'obtiennent jamais automatiquement. Cette réflexion prépare également à saisir l'importance des droits et des libertés dans l'éducation civique contemporaine.

Questions clés

  1. Analysez les limites de la citoyenneté pour les femmes dans la IIIe République.
  2. Comparez les revendications des mouvements féministes de l'époque avec les droits acquis.
  3. Évaluez l'impact de l'école républicaine sur l'émancipation des jeunes filles.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser les restrictions de la citoyenneté pour les femmes sous la IIIe République en identifiant les lois et les coutumes qui les limitaient.
  • Comparer les revendications des mouvements féministes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle avec les droits effectivement obtenus par les femmes.
  • Évaluer l'influence de l'école républicaine sur l'autonomie et l'émancipation des jeunes filles à travers l'étude de documents d'époque.
  • Identifier les rôles et les professions occupés par les femmes dans la société française de la fin du XIXe siècle.
  • Expliquer la subordination civile des femmes mariées selon le Code civil napoléonien.

Avant de commencer

La Révolution française et ses idéaux

Pourquoi : Les élèves doivent avoir une compréhension des idéaux de liberté et d'égalité proclamés par la Révolution pour saisir la contradiction avec l'exclusion des femmes sous la IIIe République.

Les lois Ferry et l'école pour tous

Pourquoi : La connaissance de la création de l'école gratuite, laïque et obligatoire est nécessaire pour comprendre l'impact de l'éducation sur l'émancipation des filles.

Vocabulaire clé

CitoyennetéEnsemble des droits et des devoirs d'un individu dans un État. Sous la IIIe République, ce statut était principalement réservé aux hommes.
SuffragetteMilitante qui lutte pour obtenir le droit de vote pour les femmes. Ces mouvements ont pris de l'ampleur à la fin du XIXe siècle.
Code civilEnsemble de lois qui régissent les relations entre les personnes privées. Le Code civil napoléonien plaçait la femme mariée sous l'autorité de son époux.
ÉmancipationAction de se libérer d'une tutelle, d'une contrainte. Pour les femmes, il s'agissait d'acquérir plus d'indépendance dans la vie civile et professionnelle.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteLes femmes étaient totalement absentes de la vie publique sous la IIIe République.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Si elles n'avaient pas le droit de vote, des femmes ont joué des rôles importants comme enseignantes, militantes, artistes ou journalistes. L'étude de biographies de femmes réelles de cette période corrige l'image d'une absence ou d'une passivité totale.

Idée reçue couranteLes femmes n'ont réclamé leurs droits qu'au XXe siècle.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Le mouvement féministe français existe dès la Révolution (Olympe de Gouges, 1791) et connaît une nouvelle vigueur à la fin du XIXe siècle avec des pétitions, des journaux et des associations suffragistes. Une frise chronologique des luttes féministes permet de montrer cette longue histoire continue.

Idées d'apprentissage actif

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Liens avec le monde réel

  • Les institutrices, formées grâce aux lois Ferry, ont joué un rôle clé dans l'éducation des jeunes filles, leur ouvrant la voie à une plus grande autonomie et à de nouvelles perspectives professionnelles.
  • Des femmes comme Hubertine Auclert ont mené des actions de protestation, telles que des pétitions ou des manifestations, pour réclamer le droit de vote, un droit fondamental de citoyenneté.
  • Les ouvrières dans les usines textiles du Nord de la France travaillaient dans des conditions difficiles, illustrant la présence des femmes dans le monde du travail malgré les inégalités salariales et sociales.

Idées d'évaluation

Billet de sortie

Distribuez une image d'une caricature de l'époque montrant une femme dans une situation sociale ou politique. Demandez aux élèves d'écrire deux phrases pour expliquer ce que la caricature révèle sur la place des femmes et une revendication qu'elles auraient pu avoir.

Question de discussion

Posez la question : 'La IIIe République était-elle vraiment républicaine pour tout le monde ?' Guidez la discussion en demandant aux élèves de citer des exemples concrets de droits que les femmes n'avaient pas et de comparer avec les droits des hommes.

Vérification rapide

Présentez une courte biographie d'une pionnière (ex: Maria Vérone). Demandez aux élèves d'identifier une action qu'elle a menée pour défendre les droits des femmes et d'expliquer pourquoi cette action était importante à l'époque.

Questions fréquentes

Pourquoi les femmes n'avaient-elles pas le droit de voter sous la IIIe République ?
Les républicains de l'époque craignaient que les femmes, jugées plus proches de l'Église et sous l'influence du clergé, ne votent pour des partis conservateurs ou royalistes. Cette méfiance a longtemps servi de prétexte pour maintenir les femmes hors de la vie politique, malgré la contradiction avec les idéaux républicains.
Quelle était la situation des institutrices sous les lois Ferry ?
Les lois Ferry ont ouvert largement l'enseignement aux femmes, créant des écoles normales de filles pour les former. Les institutrices républicaines jouaient un rôle aussi important que les instituteurs, mais leur salaire était inférieur et elles étaient soumises à des règles strictes sur leur tenue et leur vie privée.
Comment les méthodes actives aident-elles à comprendre la place des femmes dans la République ?
En étudiant des portraits de femmes réelles, les élèves sortent des généralisations. Ils voient des parcours individuels, des choix courageux, des échecs et des victoires partielles. Cette approche développe l'empathie historique et aide à comprendre que les droits civiques sont le résultat de luttes concrètes menées par des personnes réelles.
Quand les femmes ont-elles obtenu le droit de vote en France ?
En avril 1944, sous le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Les Françaises ont voté pour la première fois aux élections municipales d'avril 1945. La France était l'un des derniers pays d'Europe occidentale à accorder ce droit, bien après le Royaume-Uni (1918) et les États-Unis (1920).