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Philosophie · Terminale · Le Sujet : Conscience et Inconscient · 1er Trimestre

La Liberté Existentielle chez Sartre

Les élèves analysent la conception sartrienne de la liberté comme absence de déterminisme et la notion de 'condamnés à être libres'.

Programmes OfficielsEDNAT: PHI.12EDNAT: PHI.13

À propos de ce thème

Ce chapitre plonge les élèves dans la philosophie existentialiste de Sartre, figure majeure du programme de Terminale. L'Education nationale demande d'analyser la thèse radicale selon laquelle 'l'existence précède l'essence' : l'être humain n'a pas de nature prédéfinie, il se construit par ses choix. Les élèves étudient les concepts de liberté absolue, de mauvaise foi (se mentir à soi-même pour fuir sa liberté) et de responsabilité totale.

Ce chapitre est souvent l'un des plus stimulants pour les élèves car il touche directement à leur expérience : choix d'orientation, conformisme social, pression du groupe. L'idée que nous sommes 'condamnés à être libres' provoque des réactions fortes qui alimentent une réflexion authentique. Les activités participatives sont indispensables ici : les jeux de rôle et les études de cas permettent aux élèves de reconnaître la mauvaise foi dans des situations concrètes et de mesurer le poids de la responsabilité qui accompagne la liberté.

Questions clés

  1. Analysez la notion de 'mauvaise foi' chez Sartre.
  2. Distinguez la liberté sartrienne de la liberté politique.
  3. Évaluez les implications de la liberté radicale pour la responsabilité individuelle.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser la thèse sartrienne selon laquelle l'existence précède l'essence.
  • Expliquer le concept de 'mauvaise foi' comme une forme d'auto-tromperie face à la liberté.
  • Distinguer la liberté existentielle de la liberté politique en se basant sur les écrits de Sartre.
  • Évaluer les conséquences de la liberté radicale sur la notion de responsabilité individuelle.

Avant de commencer

La conscience de soi

Pourquoi : Comprendre la conscience est essentiel pour saisir les notions de liberté, de choix et de mauvaise foi chez Sartre.

Le déterminisme et ses critiques

Pourquoi : Les élèves doivent avoir une base sur les différentes formes de déterminisme pour comprendre la réfutation sartrienne et l'affirmation d'une liberté radicale.

Vocabulaire clé

Existence précède l'essencePrincipe fondamental de l'existentialisme sartrien, signifiant que l'être humain n'a pas de nature prédéfinie mais se définit par ses actes et ses choix.
Mauvaise foiAttitude consistant à se mentir à soi-même pour fuir la conscience de sa liberté et la responsabilité qui en découle, en se considérant comme déterminé par des facteurs extérieurs.
Condamné à être libreExpression de Sartre soulignant que l'homme est jeté dans le monde sans possibilité de choisir sa liberté, et qu'il est donc entièrement responsable de ce qu'il devient.
AngoisseSentiment éprouvé face à la conscience de sa liberté radicale et de l'absence de déterminismes, qui implique une responsabilité totale pour ses choix.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteLa liberté sartrienne signifie qu'on peut faire tout ce qu'on veut.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La liberté chez Sartre est ontologique (nous sommes condamnés à choisir) et non politique (pouvoir faire ce qu'on veut). Même un prisonnier est libre au sens sartrien car il choisit son attitude face à sa situation. Les jeux de rôle permettent aux élèves de saisir cette distinction entre liberté de choix et liberté d'action.

Idée reçue couranteLa mauvaise foi est simplement le mensonge ou l'hypocrisie.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La mauvaise foi est un mensonge à soi-même, pas aux autres. C'est la tentative de se convaincre qu'on n'est pas libre, qu'on est déterminé par sa nature ou sa situation. Les études de cas en groupe aident les élèves à distinguer la mauvaise foi du simple mensonge social.

Idées d'apprentissage actif

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Liens avec le monde réel

  • Les décisions d'orientation professionnelle des jeunes adultes, qui doivent choisir leur voie sans garantie de succès ni de 'nature' prédestinée, illustrent la liberté existentielle. Par exemple, un étudiant en art qui choisit cette voie malgré les pressions familiales pour une carrière plus stable.
  • Les dilemmes éthiques rencontrés par les chirurgiens ou les juges, confrontés à des choix aux conséquences graves où aucune règle préétablie ne dispense de la responsabilité personnelle. Un juge doit décider d'une peine sans pouvoir se cacher derrière la loi seule.

Idées d'évaluation

Question de discussion

Proposez aux élèves le scénario suivant : 'Un individu prétend qu'il n'a pas le choix de son comportement car il a été conditionné par son éducation et son environnement.' Demandez aux élèves : 'Comment Sartre analyserait-il cette affirmation ? Est-ce une forme de mauvaise foi ? Justifiez votre réponse en utilisant les concepts étudiés.'

Vérification rapide

Distribuez une courte citation de Sartre sur la liberté ou la mauvaise foi. Demandez aux élèves d'écrire en une phrase quelle est l'idée principale de la citation et en une autre phrase comment elle se relie au concept de 'condamné à être libre'.

Évaluation par les pairs

Les élèves rédigent un court paragraphe (5-7 lignes) expliquant la différence entre liberté politique et liberté existentielle. Ils échangent ensuite leur paragraphe avec un camarade. Chaque élève doit identifier si la distinction est claire et si les arguments sont pertinents, puis écrire une suggestion d'amélioration sur le paragraphe de son pair.

Questions fréquentes

Que signifie 'l'existence précède l'essence' chez Sartre ?
Cette formule signifie que l'être humain existe d'abord et se définit ensuite par ses actes. Il n'y a pas de nature humaine prédéfinie : chacun est ce qu'il fait de lui-même. Contrairement à un objet (dont l'essence, le plan, précède la fabrication), l'être humain se construit au fil de ses choix.
Comment expliquer la mauvaise foi de Sartre à des lycéens ?
Le meilleur point d'entrée est l'expression quotidienne 'je n'ai pas le choix'. Pour Sartre, cette phrase est presque toujours de la mauvaise foi : une manière de fuir l'angoisse de la liberté en se réfugiant dans un rôle ou un déterminisme supposé. Les exemples tirés de la vie lycéenne rendent ce concept immédiatement parlant.
Comment utiliser des jeux de rôle pour enseigner Sartre en Terminale ?
Distribuez des scénarios de mauvaise foi (un élève qui dit 'c'est ma nature', un employé qui dit 'ce n'est pas mon rôle de décider'). Les élèves jouent ces scènes puis les analysent avec les outils sartriens. Ce format actif rend tangible la distinction entre être et jouer un rôle, coeur de la philosophie existentialiste.
Pourquoi Sartre dit-il que nous sommes condamnés à être libres ?
Parce que même le refus de choisir est un choix. La liberté n'est pas un privilège mais une condition inévitable : nous ne pouvons pas ne pas être libres. Cette 'condamnation' implique une responsabilité totale, car chaque acte engage non seulement soi-même mais aussi l'image de l'humanité que l'on projette.