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Histoire-géographie · Terminale · Mers et océans : au cœur de la mondialisation · 3e Trimestre

Les trafics illicites en mer

Les élèves étudient les différentes formes de criminalité organisée en mer (drogue, armes, êtres humains).

Programmes OfficielsEDNAT.GEO.13EDNAT.GEO.14

À propos de ce thème

Les mers et océans sont le théâtre de trafics illicites massifs : narcotrafic transatlantique et transpacifique, trafic d'armes alimentant les conflits régionaux, traite d'êtres humains en Méditerranée et dans le golfe du Bengale. Ce thème du programme de Terminale s'inscrit dans l'analyse des espaces maritimes comme vecteurs de la mondialisation, y compris sa face criminelle.

Les élèves étudient les liens entre instabilité politique à terre et criminalité en mer : les routes de la cocaïne entre Amérique latine et Europe transitent par l'Afrique de l'Ouest, la Méditerranée est une voie de passage pour les réseaux de passeurs. La haute mer, espace de liberté de navigation, devient un angle mort juridique pour les forces de l'ordre. Les approches actives, comme l'analyse de routes et les jeux de rôles sur la coopération judiciaire, rendent visibles les mécanismes de ces réseaux transnationaux.

Questions clés

  1. Analysez les liens entre la criminalité en mer et l'instabilité politique à terre.
  2. Expliquez les défis de la lutte contre les trafics illicites en haute mer.
  3. Évaluez l'impact de ces trafics sur la sécurité régionale et mondiale.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser les routes maritimes utilisées pour les différents trafics illicites (drogues, armes, êtres humains).
  • Expliquer les défis juridiques et opérationnels de la lutte contre la criminalité organisée en haute mer.
  • Évaluer les liens entre l'instabilité politique sur terre et l'essor des trafics maritimes illicites.
  • Comparer les stratégies de coopération internationale mises en œuvre pour lutter contre ces trafics.

Avant de commencer

La France et la construction européenne

Pourquoi : Comprendre les enjeux de coopération entre États membres est essentiel pour analyser les mécanismes de lutte contre les trafics transnationaux.

Les espaces maritimes et leur exploitation

Pourquoi : Une connaissance des différentes zones maritimes (eaux territoriales, ZEE, haute mer) et de leur régime juridique est fondamentale pour appréhender les défis de la souveraineté et de la juridiction.

Vocabulaire clé

Haute merZone maritime située au-delà de la zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles marins, où la liberté de navigation s'applique et la juridiction des États est limitée.
Criminalité organisée transnationaleRéseaux criminels opérant à travers les frontières nationales pour mener des activités illégales, profitant souvent de la mondialisation et des failles juridiques.
Zone économique exclusive (ZEE)Zone maritime s'étendant jusqu'à 200 milles marins à partir de la côte, où l'État côtier dispose de droits souverains sur l'exploration et l'exploitation des ressources.
Coopération judiciaire internationaleCollaboration entre les systèmes judiciaires de différents pays pour enquêter, poursuivre et juger des crimes transnationaux, incluant l'entraide pénale.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteLes trafics maritimes ne concernent que les pays en développement.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Les pays européens sont des destinations majeures pour la cocaïne (ports d'Anvers, Rotterdam, Le Havre). La cartographie des flux montre aux élèves que les trafics relient directement les zones de production aux marchés de consommation des pays développés.

Idée reçue couranteLa traite d'êtres humains en mer se limite aux embarcations de fortune en Méditerranée.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Des réseaux organisés utilisent aussi des navires de commerce, des conteneurs et des routes passant par l'Asie du Sud-Est ou les Caraïbes. L'analyse documentaire élargie permet de dépasser la seule image médiatique méditerranéenne.

Idée reçue couranteIl suffit d'augmenter les patrouilles navales pour stopper les trafics.

Ce qu'il faut enseigner à la place

L'immensité des espaces maritimes rend la surveillance exhaustive impossible. Les trafiquants adaptent constamment leurs routes. Le jeu de rôles sur la coopération judiciaire montre les obstacles juridiques et diplomatiques à l'action coordonnée.

Idées d'apprentissage actif

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Liens avec le monde réel

  • Les forces navales de l'Union européenne (comme l'opération Atalanta dans l'océan Indien) patrouillent pour intercepter des navires impliqués dans la piraterie et le trafic de stupéfiants, protégeant ainsi les routes commerciales vitales.
  • Des ONG comme l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) documentent les naufrages de migrants en Méditerranée, mettant en lumière la traite des êtres humains et les dangers des traversées clandestines organisées par des réseaux criminels.

Idées d'évaluation

Question de discussion

Posez aux élèves la question suivante : 'Comment la nature de la haute mer, espace de liberté, complique-t-elle la lutte contre les trafics illicites par rapport aux eaux territoriales ?' Demandez-leur de citer au moins deux exemples concrets de difficultés rencontrées par les autorités.

Billet de sortie

Demandez aux élèves d'écrire sur un carton le nom d'un type de trafic illicite en mer (drogue, armes, êtres humains). Ensuite, ils doivent identifier un État ou une région du monde particulièrement concerné(e) et expliquer brièvement pourquoi ce trafic y est prédominant.

Vérification rapide

Présentez une courte étude de cas (par exemple, la saisie d'un navire transportant de la cocaïne au large du Portugal). Demandez aux élèves d'identifier les acteurs impliqués (trafiquants, forces de l'ordre, pays d'origine, pays de destination) et de décrire le rôle de la coopération internationale dans cette affaire.

Questions fréquentes

Quels sont les principaux trafics illicites en mer ?
Le narcotrafic domine en volume et en valeur (cocaïne, héroïne, cannabis). Le trafic d'armes alimente les conflits en Afrique et au Moyen-Orient. La traite d'êtres humains utilise les routes maritimes en Méditerranée, dans le golfe du Bengale et les Caraïbes. La contrebande de marchandises et la pêche illicite complètent le tableau.
Pourquoi la haute mer pose-t-elle un problème juridique pour lutter contre les trafics ?
En haute mer, aucun État n'exerce de souveraineté. L'arraisonnement d'un navire suspect nécessite le consentement de l'État du pavillon ou une résolution du Conseil de sécurité. Les pavillons de complaisance compliquent encore l'identification des responsables.
Comment enseigner les trafics maritimes avec des méthodes actives ?
La cartographie des flux rend visible la dimension transnationale. Les jeux de rôles sur l'arraisonnement en haute mer confrontent les élèves aux obstacles juridiques concrets. L'analyse de témoignages sur les traversées méditerranéennes apporte une dimension humaine indispensable.
Quel est le lien entre instabilité politique et trafics maritimes ?
Les États défaillants ou en conflit ne contrôlent pas leurs côtes ni leurs eaux territoriales. Les groupes criminels et terroristes exploitent ce vide. La Libye post-2011 illustre ce mécanisme : le chaos politique a fait exploser les départs de migrants et les trafics d'armes.