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Enseignement moral et civique · Terminale · Éthique, Droit et Justice · 2e Trimestre

La Recherche sur l'Embryon et les Cellules Souches

Les élèves examinent les enjeux éthiques et légaux de la recherche sur l'embryon humain et les cellules souches, et les différentes positions morales.

Programmes OfficielsMEN: Lycee - BioéthiqueMEN: Lycee - Responsabilité éthique

À propos de ce thème

La recherche sur l'embryon humain et les cellules souches est l'un des champs les plus sensibles de la bioéthique contemporaine. En France, la loi de bioéthique encadre strictement ces pratiques : les embryons ne peuvent être créés à des fins de recherche, et les travaux sur des embryons surnuméraires issus de la fécondation in vitro sont soumis à des conditions d'autorisation rigoureuses. Le débat porte sur le statut moral de l'embryon : simple amas de cellules, personne en devenir ou entité méritant une protection spécifique sans être équivalente à une personne ?

Les cellules souches pluripotentes induites (iPSC), découvertes en 2006, ont partiellement renouvelé ce débat en offrant une alternative aux cellules souches embryonnaires. Ces nouvelles techniques contournent certaines objections éthiques liées à la destruction d'embryons, mais soulèvent à leur tour des questions sur la fabrication artificielle de cellules germinales. Les avancées potentielles sont considérables : thérapies géniques, médecine régénérative, modélisation de maladies rares.

La confrontation des positions philosophiques, religieuses et scientifiques dans des activités structurées permet aux élèves de développer une pensée nuancée sur des questions qui traverseront leur vie de citoyen.

Questions clés

  1. Analysez les arguments éthiques en faveur et en défaveur de la recherche sur l'embryon.
  2. Expliquez les avancées médicales potentielles liées à la recherche sur les cellules souches.
  3. Évaluez les cadres législatifs internationaux encadrant cette recherche.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser les arguments éthiques pour et contre la recherche sur l'embryon humain en distinguant les perspectives philosophiques et religieuses.
  • Expliquer les mécanismes potentiels de réparation tissulaire et de traitement de maladies grâce aux cellules souches embryonnaires et induites.
  • Comparer les cadres législatifs français et européens concernant la recherche sur l'embryon et les cellules souches.
  • Évaluer les implications éthiques de la création d'embryons pour la recherche ou de la manipulation des cellules souches pluripotentes induites.

Avant de commencer

La Cellule : Unité du Vivant

Pourquoi : Les élèves doivent comprendre la structure et les fonctions de base de la cellule pour appréhender la notion de différenciation cellulaire et de cellules souches.

Les Bases de la Génétique

Pourquoi : La compréhension des mécanismes de transmission de l'information génétique est nécessaire pour saisir les enjeux liés à la recherche sur les maladies génétiques et les thérapies potentielles.

Vocabulaire clé

embryon humainStade précoce du développement humain, de la fécondation jusqu'à environ 8 semaines. Son statut moral est au cœur des débats éthiques.
cellules souches embryonnairesCellules indifférenciées dérivées de la masse interne d'un blastocyste, capables de se différencier en tout type de cellule du corps.
cellules souches pluripotentes induites (iPSC)Cellules adultes reprogrammées en laboratoire pour retrouver un état similaire aux cellules souches embryonnaires, offrant une alternative éthique.
bioéthiqueDiscipline étudiant les questions éthiques soulevées par les progrès de la biologie et de la médecine, notamment concernant la vie humaine.
statut moralReconnaissance de la valeur intrinsèque et des droits potentiels d'un être, ici appliqué à l'embryon, selon différentes conceptions philosophiques et religieuses.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteLa recherche sur l'embryon est totalement interdite en France.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La France autorise la recherche sur les embryons surnuméraires dans un cadre légal strict, sous condition que la recherche présente un intérêt médical majeur et qu'aucune alternative ne soit disponible. L'interdiction absolue ne concerne que la création d'embryons à des fins exclusives de recherche. Cette distinction est centrale pour analyser la loi de bioéthique.

Idée reçue couranteLes cellules souches embryonnaires et les iPSC sont identiques sur les plans éthique et scientifique.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Les iPSC sont reprogrammées à partir de cellules adultes et ne nécessitent pas la destruction d'un embryon, ce qui leur vaut une acceptation éthique plus large. Elles ne sont pas totalement équivalentes sur le plan scientifique : certaines applications restent plus efficaces avec des cellules embryonnaires. L'analyse comparative en groupe aide à saisir ces nuances.

Idée reçue couranteToutes les religions s'opposent de la même façon à la recherche sur l'embryon.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Les positions religieuses sont elles-mêmes diversifiées : si certaines traditions catholiques s'y opposent fermement, d'autres courants protestants ou juifs admettent cette recherche sous conditions. Présenter cette diversité évite une opposition binaire simplificatrice et oblige les élèves à identifier précisément les fondements de chaque objection.

Idées d'apprentissage actif

Voir toutes les activités

Débat contradictoire : Faut-il autoriser la recherche sur l'embryon ?

Deux groupes défendent des positions opposées (favorables et défavorables), en s'appuyant sur des arguments éthiques, scientifiques et philosophiques préparés en amont. Un jury d'élèves évalue la rigueur argumentative et la prise en compte des objections adverses, puis formule une synthèse des points d'accord et de désaccord.

45 min·Classe entière

Jeu de rôle: Commission de l'Agence de la biomédecine

Les élèves incarnent les membres d'une commission fictive (chercheur, philosophe, représentant d'association de patients, théologien, juriste) qui doit statuer sur une demande d'autorisation de recherche sur des embryons surnuméraires. Ils rédigent une décision motivée qui distingue les arguments éthiques des arguments légaux.

55 min·Petits groupes

Penser-Partager-Présenter: Comparer les législations internationales

À partir d'une fiche comparant les cadres législatifs de la France, du Royaume-Uni, des États-Unis et de l'Allemagne, les élèves identifient seuls les divergences majeures. En binômes, ils hiérarchisent ces divergences selon leur importance éthique. La mise en commun construit une carte des principes communs et des points de fracture.

30 min·Binômes

Analyse de texte : Le statut de l'embryon dans la loi française

En petits groupes, les élèves analysent des extraits de la loi de bioéthique et d'une décision du Conseil constitutionnel pour dégager la conception juridique du statut de l'embryon. Ils identifient les termes clés et leurs implications pour encadrer la recherche, puis présentent leurs conclusions.

35 min·Petits groupes

Liens avec le monde réel

  • Des chercheurs dans les laboratoires de l'Institut Pasteur à Paris travaillent sur la modélisation de maladies neurodégénératives comme Alzheimer en utilisant des cellules souches pour comprendre les mécanismes pathologiques et tester de futurs traitements.
  • Les équipes de bioéthique des hôpitaux universitaires, comme le CHU de Lyon, sont consultées pour évaluer la pertinence éthique des protocoles de recherche impliquant des cellules humaines, y compris les cellules souches.
  • Les débats parlementaires sur les lois de bioéthique, comme ceux qui ont eu lieu à l'Assemblée Nationale, influencent directement les autorisations de recherche et les avancées médicales possibles en France.

Idées d'évaluation

Question de discussion

Présentez aux élèves le cas fictif d'une équipe de recherche souhaitant créer des embryons spécifiquement pour étudier une maladie génétique rare. Demandez-leur de débattre des arguments éthiques pour et contre cette démarche, en s'appuyant sur les notions de statut moral de l'embryon et de potentiel thérapeutique.

Billet de sortie

Sur un carton, demandez aux élèves d'écrire le nom d'une avancée médicale potentielle permise par la recherche sur les cellules souches, puis d'expliquer en une phrase le principal obstacle éthique ou légal à cette recherche.

Vérification rapide

Posez la question : 'Quelles sont les deux principales différences éthiques entre l'utilisation de cellules souches embryonnaires et de cellules souches pluripotentes induites ?' Les élèves répondent par écrit en une phrase.

Questions fréquentes

Pourquoi la recherche sur l'embryon est-elle éthiquement controversée ?
Le cœur de la controverse porte sur le statut moral de l'embryon : s'il possède une dignité dès la fécondation, le détruire pour la recherche est moralement très grave. Si ce statut est progressif ou lié à des capacités comme la sensibilité, la recherche précoce peut être justifiée par les bénéfices médicaux attendus. Ce désaccord sur le statut est irréductible par la seule science.
Quelles avancées médicales la recherche sur les cellules souches peut-elle apporter ?
Les cellules souches ouvrent la voie à la médecine régénérative (remplacement de tissus détruits), aux thérapies géniques, à la modélisation de maladies rares et aux tests de médicaments. Des traitements prometteurs pour Parkinson, le diabète de type 1 et les maladies cardiaques sont en cours d'essai clinique international.
Quelles sont les différences entre les législations française et britannique sur la recherche embryonnaire ?
La France interdit la création d'embryons pour la recherche et autorise la recherche sur les embryons surnuméraires sous conditions strictes. Le Royaume-Uni autorise également la création d'embryons à des fins de recherche dans un délai de 14 jours, encadrée par la Human Fertilisation and Embryology Authority. Ces différences reflètent des conceptions distinctes du statut de l'embryon.
Comment le débat structuré aide-t-il les élèves à traiter un sujet aussi sensible que la bioéthique ?
Le débat structuré oblige à prendre en compte des arguments contradictoires avant de former son opinion, ce qui protège contre les réactions émotionnelles immédiates. Les élèves apprennent à distinguer leurs convictions personnelles des arguments recevables dans un espace civique pluraliste, compétence directement transférable à la vie démocratique.

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