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Enseignement moral et civique · Terminale · La Laïcité et la Cohésion Sociale · 3e Trimestre

Cyberharcèlement et Cybercriminalité

Les élèves examinent les formes de cyberharcèlement et de cybercriminalité, leurs conséquences et les moyens de prévention et de lutte.

Programmes OfficielsMEN: Lycee - Droits numériquesMEN: Lycee - Sécurité numérique

À propos de ce thème

Le cyberharcèlement et la cybercriminalité représentent des menaces croissantes dans l'espace numérique français. Selon une enquête du ministère de l'Éducation nationale (2023), environ 20 % des collégiens et lycéens déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement. Ce phénomène prend des formes variées : messages répétés d'insultes ou de menaces, diffusion non consentie d'images intimes (revenge porn), usurpation d'identité, exclusion délibérée de groupes en ligne. La loi française a progressivement renforcé son arsenal : la loi du 3 août 2018 pénalise le cyberharcèlement en meute (raids numériques), et la loi du 7 juillet 2023 crée le délit de harcèlement scolaire.

La cybercriminalité englobe un spectre plus large : phishing, rançongiciels, vol de données, escroqueries en ligne. Les élèves de Terminale, à la veille de leur majorité numérique, doivent comprendre à la fois les mécanismes techniques de ces attaques et les recours juridiques disponibles (plateforme PHAROS, numéro 3018, dépôt de plainte).

Les mises en situation et les analyses de scénarios réalistes développent chez les élèves des réflexes de prévention et une capacité à réagir face à une situation de cyberharcèlement, qu'ils soient témoins ou victimes.

Questions clés

  1. Analysez les différentes formes de cyberharcèlement et leurs impacts sur les victimes.
  2. Expliquez les mécanismes de la cybercriminalité et les risques associés.
  3. Concevez des stratégies de prévention et de lutte contre le cyberharcèlement.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser les différentes formes de cyberharcèlement (messages haineux, revenge porn, usurpation d'identité) et leurs conséquences psychologiques et sociales sur les victimes.
  • Expliquer les mécanismes techniques et les motivations derrière les principales formes de cybercriminalité (phishing, rançongiciels, vol de données).
  • Concevoir un plan d'action concret intégrant des outils numériques et des démarches juridiques pour prévenir et lutter contre le cyberharcèlement.
  • Évaluer l'efficacité des dispositifs légaux et des plateformes de signalement existants en France face aux nouvelles formes de cyberviolence.

Avant de commencer

Les Libertés Fondamentales et leurs Limites

Pourquoi : Les élèves doivent avoir une compréhension des droits et libertés individuels pour saisir les enjeux de la protection de la vie privée et de la diffamation en ligne.

La Citoyenneté Numérique

Pourquoi : Une connaissance des règles de base du comportement en ligne et de la responsabilité de ses actes sur internet est nécessaire pour aborder les risques du cyberharcèlement et de la cybercriminalité.

Vocabulaire clé

CyberharcèlementHarcèlement commis par le biais des technologies de l'information et de la communication. Il se manifeste par des propos ou des comportements répétés, visant à porter atteinte à la dignité ou à l'intégrité psychologique d'une personne.
CybercriminalitéEnsemble des infractions pénales commises par le biais d'un réseau de communication électronique. Elle inclut le phishing, les escroqueries, le vol de données, etc.
PhishingTentative d'escroquerie visant à obtenir des informations sensibles (identifiants, mots de passe, coordonnées bancaires) en se faisant passer pour une entité de confiance via un courriel ou un message électronique.
Rançongiciel (Ransomware)Logiciel malveillant qui chiffre les données de la victime, rendant leur accès impossible. Les cybercriminels demandent ensuite une rançon pour fournir la clé de déchiffrement.
Usurpation d'identité numériqueUtilisation frauduleuse de l'identité d'une personne (nom, prénom, photos, informations personnelles) sur internet, souvent pour nuire ou commettre des actes illégaux.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteLe cyberharcèlement est moins grave que le harcèlement en face à face.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Le cyberharcèlement peut être plus destructeur car il ne s'arrête pas à la sortie de l'école : la victime est exposée 24 heures sur 24, les contenus se diffusent à grande échelle et leur suppression est souvent impossible. La loi française traite le cyberharcèlement avec la même sévérité que le harcèlement physique, avec des circonstances aggravantes liées à l'utilisation du numérique.

Idée reçue couranteRelayer un message insultant sans l'avoir écrit soi-même ne constitue pas du harcèlement.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La loi du 3 août 2018 sur le harcèlement en meute (raid numérique) prévoit que chaque personne participant à une action concertée de harcèlement en ligne est pénalement responsable, même si son acte individuel (un seul partage, un seul like) semble mineur. L'analyse de scénarios en groupe aide les élèves à comprendre la responsabilité collective.

Idée reçue couranteLes victimes de cybercriminalité sont principalement des personnes âgées ou peu à l'aise avec le numérique.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Les études montrent que les jeunes de 15 à 24 ans figurent parmi les tranches d'âge les plus touchées par certaines formes de cybercriminalité (phishing sur les réseaux sociaux, arnaques au faux support technique, vol de comptes de jeux vidéo). L'atelier de détection du phishing permet aux élèves de tester leurs propres vulnérabilités.

Idées d'apprentissage actif

Voir toutes les activités

Analyse de scénarios : Identifier le cyberharcèlement

Les groupes reçoivent quatre scénarios fictifs mais réalistes (captures d'écran anonymisées). Ils doivent distinguer le conflit ponctuel du harcèlement (répétition, déséquilibre de pouvoir, intention de nuire), identifier la qualification juridique applicable et proposer les recours adaptés à chaque situation.

35 min·Petits groupes

Jeu de rôle: Réagir en tant que témoin

Des binômes jouent des situations où un élève est témoin de cyberharcèlement. Le premier joue le témoin, le second l'observateur qui évalue la réaction. Les rôles alternent. Le débriefing collectif construit un protocole de réaction en cinq étapes (ne pas relayer, soutenir la victime, signaler, conserver les preuves, alerter un adulte).

30 min·Binômes

Atelier technique : Reconnaître et éviter le phishing

Le professeur projette des exemples d'emails et de sites de phishing. Les élèves doivent repérer individuellement les indices suspects (URL, fautes, urgence artificielle, demande d'informations sensibles). Un décompte des réponses correctes rend l'exercice ludique et révèle les pièges les plus efficaces.

25 min·Individuel

Campagne de prévention : Concevoir une affiche

Par groupes de trois, les élèves conçoivent une affiche de prévention contre le cyberharcèlement destinée à être affichée dans le lycée. L'affiche doit contenir un message clair, un chiffre marquant, les numéros d'aide (3018, PHAROS) et un visuel. Les meilleures sont imprimées et diffusées.

40 min·Petits groupes

Liens avec le monde réel

  • Les plateformes comme TikTok et Instagram sont des lieux fréquents de cyberharcèlement. Les élèves peuvent analyser des scénarios fictifs basés sur des témoignages anonymisés pour identifier les signaux d'alerte et les réponses appropriées, comme le blocage de l'utilisateur ou le signalement du contenu.
  • La plateforme PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements) du ministère de l'Intérieur permet aux citoyens de signaler les contenus illicites en ligne. Les élèves peuvent rechercher des exemples de signalements traités par PHAROS pour comprendre le processus judiciaire appliqué à la cybercriminalité.
  • Les entreprises de cybersécurité, comme Kaspersky ou McAfee, développent des outils pour détecter et neutraliser les menaces en ligne. Les élèves peuvent comparer les fonctionnalités de ces logiciels pour comprendre les stratégies de défense technique contre la cybercriminalité.

Idées d'évaluation

Question de discussion

Proposez aux élèves le scénario suivant : 'Un camarade publie des photos compromettantes d'un autre élève sur un groupe de discussion privé. Que faire ?' Demandez-leur de discuter en petits groupes des actions possibles, en distinguant les réactions immédiates (témoignage, soutien à la victime) des démarches officielles (signalement, dépôt de plainte), et de présenter leurs conclusions à la classe.

Billet de sortie

Distribuez une fiche à chaque élève avec deux questions : 1. Citez une différence clé entre le cyberharcèlement et la cybercriminalité. 2. Nommez une ressource ou une démarche concrète pour se protéger ou réagir face à une situation de cyberviolence.

Vérification rapide

Présentez à la classe 3-4 affirmations sur le cyberharcèlement ou la cybercriminalité (ex: 'Le revenge porn est un délit pénal en France', 'Le phishing vise uniquement à voler des mots de passe'). Demandez aux élèves d'indiquer si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis demandez à quelques volontaires d'expliquer leur choix.

Questions fréquentes

Que faire en cas de cyberharcèlement en France ?
Conserver toutes les preuves (captures d'écran avec dates), ne pas répondre aux harceleurs, signaler les contenus sur les plateformes et via la plateforme PHAROS. Appeler le 3018 (numéro national contre le cyberharcèlement). Déposer plainte au commissariat ou en ligne sur pre-plainte-en-ligne.gouv.fr. En milieu scolaire, alerter le personnel éducatif référent.
Quelles sont les sanctions pénales pour cyberharcèlement en France ?
Le harcèlement moral est puni d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Les peines sont aggravées en cas de harcèlement en meute, sur mineur, ou ayant conduit au suicide ou à une tentative de suicide (jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende). La loi de 2023 crée un délit spécifique de harcèlement scolaire.
Comment reconnaître un email de phishing ?
Les indices principaux sont : une adresse d'expéditeur suspecte (domaine légèrement modifié), un ton d'urgence inhabituel, des fautes d'orthographe ou de mise en page, un lien dont l'URL ne correspond pas au site officiel, et une demande d'informations personnelles ou bancaires. En cas de doute, ne jamais cliquer et contacter directement l'organisme supposé émetteur.
Pourquoi aborder le cyberharcèlement par des méthodes actives avec les lycéens ?
Les mises en situation et les jeux de rôle développent l'empathie envers les victimes et les réflexes de réaction chez les témoins. L'analyse de scénarios réalistes ancre les connaissances juridiques dans des situations concrètes. La conception de campagnes de prévention transforme les élèves en acteurs de la lutte contre le cyberharcèlement dans leur propre établissement.

Modèles de planification pour Enseignement moral et civique