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Histoire-géographie · Terminale · Fragilités de la paix et nouveaux conflits (1945-1970) · 1er Trimestre

La guerre des Six Jours (1967) et ses conséquences

Les élèves étudient les causes, le déroulement et les répercussions de la guerre des Six Jours.

Programmes OfficielsEDNAT.HIS.08EDNAT.HIS.09

À propos de ce thème

La guerre des Six Jours, du 5 au 10 juin 1967, transforme radicalement la géopolitique du Proche-Orient et constitue un tournant majeur dans le programme de Terminale. En moins d'une semaine, Israël détruit les forces aériennes de l'Égypte, de la Jordanie et de la Syrie, puis occupe de vastes territoires : la péninsule du Sinaï et Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, le plateau du Golan. Cette victoire fulgurante redessine la carte de la région pour des décennies.

La crise qui précède la guerre illustre la mécanique des tensions régionales dans le cadre de la Guerre froide. En mai 1967, Nasser nationalise le détroit de Tiran, bloquant la navigation israélienne, et réclame le retrait de la force d'interposition de l'ONU. Ces gestes, interprétés comme une menace existentielle par Israël, conduisent à une frappe préemptive dévastatrice sur les aéroports militaires arabes dès le premier matin.

Les conséquences de la guerre structurent encore la région. La résolution 242 du Conseil de sécurité, adoptée en novembre 1967, pose le principe des territoires contre la paix, qui reste le cadre théorique de toutes les négociations depuis lors. L'occupation de territoires peuplés d'Arabes palestiniens transforme la nature du conflit, faisant de la question palestinienne un problème intérieur israélien autant qu'international.

Questions clés

  1. Analysez les tensions régionales qui ont mené à la guerre des Six Jours.
  2. Expliquez les changements territoriaux et géopolitiques après le conflit.
  3. Évaluez l'impact de cette guerre sur la question palestinienne et la résolution 242 de l'ONU.

Objectifs d'apprentissage

  • Analyser les causes immédiates et profondes de la guerre des Six Jours en identifiant les acteurs clés et leurs motivations.
  • Expliquer le déroulement militaire du conflit et ses conséquences territoriales immédiates sur la carte du Proche-Orient.
  • Évaluer l'impact de la guerre des Six Jours sur la résolution 242 de l'ONU et la question palestinienne.
  • Comparer la situation géopolitique du Proche-Orient avant et après la guerre des Six Jours.

Avant de commencer

La Guerre Froide et les blocs

Pourquoi : Les élèves doivent comprendre le contexte de bipolarisation mondiale et l'implication des superpuissances pour saisir les enjeux de la guerre des Six Jours.

La création de l'État d'Israël et les conflits israélo-arabes (1948-1967)

Pourquoi : Une connaissance des tensions antérieures et des guerres précédentes est nécessaire pour comprendre l'escalade qui a mené à la guerre de 1967.

Vocabulaire clé

Blocus du détroit de TiranFermeture par l'Égypte de l'accès maritime d'Israël à la mer Rouge, considérée comme un acte de guerre par Israël.
Frappe préemptiveAction militaire offensive menée avant une attaque attendue de l'adversaire, dans le but de neutraliser sa capacité de nuisance.
Territoires occupésZones géographiques conquises et administrées par une puissance militaire étrangère suite à un conflit armé, comme le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie et le Golan en 1967.
Résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONUTexte adopté après la guerre des Six Jours, prônant le retrait des forces israéliennes des territoires occupés en échange de la reconnaissance de la sécurité de tous les États de la région.
Question palestinienneEnsemble des revendications politiques et nationales du peuple palestinien, exacerbées par l'occupation israélienne des territoires palestiniens suite à la guerre de 1967.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteLa guerre des Six Jours était une guerre purement défensive de la part d'Israël.

Ce qu'il faut enseigner à la place

C'est la position officielle israélienne, fondée sur le blocus de Tiran. Mais Israël a frappé en premier, de manière préemptive. Certains historiens estiment que les dirigeants savaient que l'attaque arabe n'était pas imminente. L'analyse de documents de renseignement déclassifiés nuance ce récit et invite à distinguer menace perçue et menace réelle.

Idée reçue couranteLa résolution 242 impose clairement le retrait israélien de tous les territoires occupés.

Ce qu'il faut enseigner à la place

La résolution exige un retrait 'des territoires occupés' en français, mais 'from territories' sans article défini en anglais, laissant délibérément flou si cela concerne la totalité des territoires. Cette ambiguïté linguistique voulue lors des négociations est au coeur des débats depuis 1967. En faire l'analyse comparée est un excellent exercice de lecture critique.

Idées d'apprentissage actif

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Liens avec le monde réel

  • Les négociateurs internationaux, tels que ceux impliqués dans les pourparlers de paix israélo-palestiniens, continuent de s'appuyer sur les principes énoncés dans la résolution 242 de l'ONU, même si leur application reste complexe.
  • Les cartes géopolitiques actuelles du Proche-Orient reflètent encore les changements territoriaux issus de la guerre des Six Jours, notamment la présence de colonies israéliennes en Cisjordanie et le statut de Jérusalem.
  • Les historiens spécialisés dans les conflits contemporains analysent la guerre des Six Jours comme un événement fondateur pour comprendre les dynamiques de violence et de recherche de paix dans la région.

Idées d'évaluation

Billet de sortie

Distribuez une carte à chaque élève. Demandez-leur d'écrire deux conséquences majeures de la guerre des Six Jours : une territoriale et une politique. Ils doivent aussi nommer un acteur clé impliqué dans ces conséquences.

Question de discussion

Posez la question suivante à la classe : 'Dans quelle mesure la résolution 242 de l'ONU a-t-elle réussi à établir une paix durable au Proche-Orient ?' Encouragez les élèves à utiliser des faits historiques pour appuyer leurs arguments.

Vérification rapide

Projetez une carte du Proche-Orient avant 1967 et une carte après 1967. Demandez aux élèves d'identifier et de nommer oralement les principaux changements territoriaux visibles entre les deux cartes, en expliquant brièvement comment la guerre les a provoqués.

Questions fréquentes

Quelles étaient les causes directes de la guerre des Six Jours ?
La fermeture du détroit de Tiran par Nasser en mai 1967, bloquant l'accès israélien à la mer Rouge, constitue la crise immédiate. Elle s'inscrit dans un contexte de montée des tensions depuis 1948 : guérillas palestiniennes depuis la Syrie et la Jordanie, rhétorique de destruction d'Israël, et rivalités dans le cadre de la Guerre froide.
Quels territoires Israël a-t-il occupés après la guerre des Six Jours ?
Israël occupe la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza (prises à l'Égypte), la Cisjordanie et Jérusalem-Est (prises à la Jordanie) et le plateau du Golan (pris à la Syrie). Ces territoires abritent des centaines de milliers d'Arabes palestiniens, transformant la nature même du conflit israélo-arabe.
Qu'est-ce que la résolution 242 de l'ONU ?
Adoptée en novembre 1967, la résolution 242 pose le principe d'une paix fondée sur le retrait israélien des territoires occupés en échange de la reconnaissance d'Israël par ses voisins. Son ambiguïté délibérée sur l'étendue du retrait a permis à toutes les parties de se l'approprier, la rendant à la fois fondamentale et inapplicable.
Pourquoi l'analyse linguistique d'un document diplomatique est-elle une activité active efficace ?
La résolution 242 est un texte court dont chaque mot fut pesé lors de négociations intenses. En faisant comparer les versions française et anglaise pour repérer l'ambiguïté de l'article, les élèves comprennent que le langage diplomatique n'est pas neutre. Cet exercice développe leur capacité à lire des sources primaires en tenant compte du contexte de leur production.