La place des femmes dans la IIIe République
Étude des rôles sociaux des femmes, de l'accès à l'éducation et des débuts du féminisme.
À propos de ce thème
Ce chapitre du programme de Première explore la condition féminine sous la IIIe République, période de contradictions profondes. D'un côté, les lois Ferry (1881-1882) ouvrent l'enseignement primaire aux filles et les lycées féminins se développent après la loi Camille Sée (1880). De l'autre, les femmes restent juridiquement mineures, exclues du suffrage et soumises à l'autorité maritale du Code Napoléon.
L'étude des premières militantes féministes (Hubertine Auclert, Marguerite Durand, Madeleine Pelletier) permet de comprendre comment la République, fondée sur l'universalisme, a longtemps exclu la moitié de la population de la citoyenneté. Les débats parlementaires sur le droit de vote des femmes, repoussé malgré des votes favorables au Sénat, révèlent les tensions entre progressisme républicain et conservatisme social.
Les activités de mise en situation et d'analyse de documents d'époque aident les élèves à dépasser une lecture téléologique et à comprendre les mécanismes concrets de l'exclusion politique des femmes.
Questions clés
- Analysez les avancées et les limites de l'éducation des jeunes filles sous la IIIe République.
- Expliquez comment les femmes ont commencé à revendiquer leurs droits civiques et politiques.
- Évaluez l'impact des figures féministes sur la société de l'époque.
Objectifs d'apprentissage
- Analyser les avancées et les limites de l'éducation des jeunes filles sous la IIIe République en comparant les programmes scolaires et les taux de scolarisation.
- Expliquer comment les femmes ont commencé à revendiquer leurs droits civiques et politiques en identifiant les actions clés des mouvements féministes.
- Évaluer l'impact des figures féministes sur la société de l'époque en analysant leurs écrits et leurs actions publiques.
- Comparer le statut juridique des femmes avant et pendant la IIIe République, en se concentrant sur le Code Civil et les lois spécifiques.
- Identifier les principaux arguments avancés pour et contre l'octroi du droit de vote aux femmes sous la IIIe République.
Avant de commencer
Pourquoi : Il est nécessaire de comprendre le contexte politique et idéologique de la création de la IIIe République pour analyser la place des femmes dans ce nouveau régime.
Pourquoi : Les élèves doivent avoir une connaissance des structures sociales et des mentalités de l'époque pour saisir les enjeux de la condition féminine.
Vocabulaire clé
| Lois Ferry | Ensemble de lois votées en 1881 et 1882 rendant l'école primaire publique gratuite, laïque et obligatoire pour les filles comme pour les garçons. |
| Loi Camille Sée | Loi de 1880 qui crée les lycées publics de jeunes filles, marquant une avancée dans l'accès à l'enseignement secondaire pour les femmes. |
| Code Napoléon | Code civil de 1804 qui consacrait l'infériorité juridique de la femme mariée, la plaçant sous l'autorité de son époux. |
| Suffragisme | Mouvement politique qui réclame le droit de vote pour les femmes, appelé aussi 'suffrage féminin'. |
| Citoyenneté | Statut de membre d'un État, qui confère des droits civiques, politiques et sociaux, et implique des devoirs. |
Attention à ces idées reçues
Idée reçue couranteLa IIIe République a volontairement retardé l'émancipation des femmes par misogynie.
Ce qu'il faut enseigner à la place
Les motivations étaient plus complexes : la crainte de l'influence cléricale sur le vote féminin (argument radical), le poids du Code Napoléon et les représentations sociales dominantes. L'analyse de sources parlementaires en groupes permet de saisir ces ressorts multiples.
Idée reçue couranteLes femmes étaient totalement absentes de la vie publique avant le droit de vote.
Ce qu'il faut enseigner à la place
Les femmes étaient actives dans les syndicats, la presse (La Fronde de Marguerite Durand), les associations et l'enseignement. Une gallery walk sur ces figures permet de rétablir la réalité de leur engagement.
Idée reçue couranteL'éducation des filles sous la IIIe République visait leur émancipation complète.
Ce qu'il faut enseigner à la place
L'objectif premier de Ferry était de soustraire les femmes à l'influence de l'Église pour en faire des « mères républicaines », pas des citoyennes égales. La comparaison des programmes scolaires filles/garçons rend cette ambiguïté très concrète.
Idées d'apprentissage actif
Voir toutes les activitésGalerie marchande: Portraits de femmes sous la IIIe République
Chaque groupe prépare une affiche sur une figure féminine (Hubertine Auclert, Louise Michel, Marguerite Durand, Madeleine Pelletier, Julie-Victoire Daubié). Les élèves circulent, prennent des notes et classent les formes d'engagement (politique, syndical, intellectuel, artistique).
Débat structuré : Le droit de vote des femmes en 1919
Les élèves incarnent des députés de 1919 (radicaux, socialistes, catholiques sociaux, sénateurs conservateurs). Chaque groupe prépare ses arguments à partir de sources primaires, puis un débat parlementaire est simulé avec vote final. Comparaison avec le vote réel.
Penser-Partager-Présenter: Éduquer les filles, pourquoi ?
Chaque élève lit un extrait du discours de Jules Ferry ou de Camille Sée sur l'éducation des filles et note les motivations identifiées. En binôme, ils distinguent les arguments émancipateurs des arguments visant à former de « bonnes mères républicaines ». Mise en commun.
Étude comparée : Programmes scolaires filles/garçons en 1882
Les élèves comparent les programmes officiels de l'école primaire pour filles et garçons (couture vs gymnastique militaire, économie domestique vs instruction civique). Ils identifient ce que ces différences révèlent sur la place assignée aux femmes dans la société républicaine.
Liens avec le monde réel
- L'accès à l'éducation des filles a permis l'émergence de nouvelles professions, comme les institutrices, dont le rôle fut essentiel dans la diffusion de l'instruction publique.
- Les manifestations organisées par des figures comme Hubertine Auclert, par exemple devant le Palais Bourbon, visaient à attirer l'attention des députés sur la revendication du droit de vote.
- La création de journaux féministes, tels que 'La Citoyenne' de Hubertine Auclert ou 'La Presse' de Marguerite Durand, a joué un rôle crucial dans la diffusion des idées et la mobilisation des femmes.
Idées d'évaluation
Demandez aux élèves d'écrire sur un carton : une avancée majeure pour les femmes sous la IIIe République, une limite persistante, et le nom d'une militante féministe mentionnée en classe.
Proposez la question suivante : 'La IIIe République a-t-elle réellement tenu sa promesse d'égalité pour toutes et tous ?' Guidez la discussion pour explorer les contradictions entre les idéaux républicains et la réalité vécue par les femmes.
Présentez aux élèves un court extrait d'un discours parlementaire de l'époque sur le droit de vote des femmes. Demandez-leur d'identifier oralement les arguments principaux pour ou contre cette mesure et de citer le nom d'un député ou d'une députée (si applicable) ou d'une figure féministe mentionnée.
Questions fréquentes
Quand les femmes ont-elles obtenu le droit de vote en France ?
Qui est Hubertine Auclert et quel est son rôle dans le féminisme français ?
Quel impact la loi Camille Sée a-t-elle eu sur l'éducation des filles ?
Comment enseigner la place des femmes sous la IIIe République avec des méthodes actives ?
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