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Sciences économiques et sociales · Première · Entreprises et organisation du travail · 3e Trimestre

L'économie sociale et solidaire

Les élèves découvrent les spécificités des entreprises de l'économie sociale et solidaire (ESS).

À propos de ce thème

L'économie sociale et solidaire (ESS) représente en France environ 10 % de l'emploi salarié et regroupe des structures aussi variées que les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations. Ce chapitre permet aux élèves de Première de comprendre ce qui distingue ces entreprises du secteur lucratif classique : gouvernance démocratique (une personne, une voix), lucrativité limitée, utilité sociale inscrite dans les statuts. La loi Hamon de 2014 a posé un cadre juridique précis, et les Chambres régionales de l'ESS (CRESS) structurent ce secteur sur le territoire.

L'enjeu pédagogique est double : dépasser la vision réductrice qui assimile l'ESS au bénévolat caritatif, et montrer que ces organisations font face à de véritables tensions de gestion (professionnalisation, dépendance aux subventions, concurrence avec le secteur marchand). Les approches actives, comme l'étude de cas d'une coopérative locale ou le débat sur les limites de l'ESS, permettent aux élèves de confronter les principes théoriques aux réalités de terrain.

Questions clés

  1. Expliquer les principes et les valeurs de l'économie sociale et solidaire.
  2. Analyser les contributions de l'ESS à la création d'emplois et à la cohésion sociale.
  3. Évaluer les défis de développement et de reconnaissance de l'ESS.

Objectifs d'apprentissage

  • Expliquer les principes fondamentaux de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) tels que la gouvernance démocratique et la finalité sociale.
  • Analyser la contribution des structures de l'ESS à la création d'emplois et au renforcement de la cohésion sociale en France.
  • Comparer les modèles économiques et organisationnels des entreprises de l'ESS avec ceux des entreprises du secteur lucratif.
  • Évaluer les principaux défis rencontrés par l'ESS en matière de financement, de reconnaissance et de développement.

Avant de commencer

Les différentes formes juridiques d'entreprises

Pourquoi : Les élèves doivent avoir une connaissance préalable des statuts juridiques des entreprises classiques pour pouvoir en comparer les spécificités avec celles de l'ESS.

Les notions de base de l'organisation du travail

Pourquoi : Comprendre les principes de gouvernance et de répartition du pouvoir au sein des structures de l'ESS nécessite une base sur les modes d'organisation du travail.

Vocabulaire clé

Économie Sociale et Solidaire (ESS)Regroupement de structures juridiques (associations, coopératives, mutuelles, fondations) dont le fonctionnement est basé sur des principes de solidarité, de gouvernance démocratique et d'utilité sociale.
Gouvernance démocratiquePrincipe selon lequel les décisions sont prises collectivement par les membres, souvent selon le principe 'une personne, une voix', indépendamment des apports financiers.
Lucrativité limitéePrincipe selon lequel les bénéfices générés par l'activité ne sont pas distribués aux membres ou actionnaires, mais réinvestis dans le projet social ou le développement de la structure.
Utilité socialeFinalité inscrite dans les statuts visant à répondre à des besoins sociaux, à réduire les inégalités, à promouvoir la solidarité ou à agir pour le développement durable.
Chambres Régionales de l'Économie Sociale et Solidaire (CRESS)Organismes régionaux qui représentent, accompagnent et développent les acteurs de l'ESS sur leur territoire.

Attention à ces idées reçues

Idée reçue couranteL'ESS se résume aux associations caritatives qui fonctionnent grâce au bénévolat.

Ce qu'il faut enseigner à la place

L'ESS emploie 2,4 millions de salariés en France et inclut des entreprises à part entière (mutuelles, coopératives) avec des chiffres d'affaires de plusieurs milliards. L'étude de cas d'une SCOP industrielle fait voler en éclats cette confusion entre ESS et bénévolat.

Idée reçue couranteLes entreprises de l'ESS ne sont pas soumises aux contraintes du marché.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Elles affrontent la concurrence, doivent équilibrer leurs comptes et gérer des salariés. La différence porte sur la gouvernance et la répartition des excédents. Le débat structuré aide les élèves à saisir cette tension entre viabilité économique et finalité sociale.

Idée reçue couranteLe principe 'une personne, une voix' rend la prise de décision impossible dans les grandes structures.

Ce qu'il faut enseigner à la place

Des groupes coopératifs comme le Crédit Mutuel ou Biocoop fonctionnent avec ce principe à grande échelle grâce à des systèmes de délégation et de représentation. L'analyse de leurs organigrammes montre que gouvernance démocratique et efficacité ne s'excluent pas.

Idées d'apprentissage actif

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Liens avec le monde réel

  • Les coopératives d'artisans, comme celles que l'on trouve dans le secteur du bâtiment en Bretagne, illustrent comment des professionnels s'associent pour partager des moyens et des compétences, tout en maintenant une gouvernance partagée.
  • Les mutuelles de santé, telles que la Mutuelle Générale de l'Éducation Nationale (MGEN), montrent comment une organisation à but non lucratif peut proposer des services de protection sociale à ses adhérents, en réinvestissant les excédents pour améliorer les garanties.
  • Les épiceries sociales ou les associations d'aide alimentaire, présentes dans de nombreuses villes françaises, démontrent l'utilité sociale de l'ESS en répondant à des besoins locaux de solidarité et d'accès aux biens essentiels.

Idées d'évaluation

Billet de sortie

Sur un post-it, demandez aux élèves d'écrire le nom d'une structure de l'ESS qu'ils connaissent et d'expliquer en une phrase ce qui la distingue d'une entreprise classique selon les principes vus en classe.

Question de discussion

Posez la question suivante à la classe : 'Quels sont les avantages et les inconvénients potentiels pour un salarié de travailler dans une entreprise de l'ESS par rapport à une entreprise commerciale classique ?'. Encouragez les élèves à argumenter en s'appuyant sur les notions de gouvernance et de finalité.

Vérification rapide

Proposez un court questionnaire à choix multiples (QCM) avec 3-4 questions portant sur la définition des termes clés (ESS, gouvernance démocratique, lucrativité limitée) et leur application concrète.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une SCOP et une entreprise classique ?
Dans une SCOP, les salariés détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote. Les bénéfices sont répartis entre réserves (au moins 16 %), participation des salariés et dividendes limités. La gouvernance suit le principe 'une personne, une voix', indépendamment du capital détenu.
Combien pèse l'ESS dans l'économie française ?
L'ESS représente environ 10 % du PIB et 14 % de l'emploi privé en France, soit 2,4 millions de salariés dans 155 000 entreprises et associations employeuses. Les secteurs les plus représentés sont l'action sociale, la santé, l'enseignement et les activités financières (mutuelles, coopératives bancaires).
Qu'est-ce que l'agrément ESUS et à quoi sert-il ?
L'agrément Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale (ESUS) est délivré par la préfecture aux structures qui poursuivent une utilité sociale, limitent leurs écarts de rémunération et réinvestissent leurs bénéfices. Il donne accès à des financements spécifiques, notamment l'épargne solidaire des particuliers.
Comment utiliser l'apprentissage actif pour enseigner l'ESS en Première ?
Le gallery walk avec des fiches de structures réelles (SCOP, mutuelle, association d'insertion) permet aux élèves de construire eux-mêmes la typologie au lieu de la recevoir passivement. Le débat structuré sur la viabilité de l'ESS les oblige à mobiliser des données chiffrées pour argumenter.